L’aérosolthérapie a pour but l’application du médicament à la zone d’action désirée.
Elle permet ainsi :
- un effet rapide
- une dose totale de médicament réduite, mais plus concentrée
- moins d’effets secondaires
Ces traitements sont le plus souvent délivrés par des nébuliseurs, mais parfois aussi par des aérosols doseurs (sprays) utilisés avec ou sans chambre d’inhalation, ou des inhalateurs de poudre sèche.
Le succès du traitement dépend beaucoup de la technique d’inhalation. Une bonne initiation à cette technique et des contrôles réguliers peuvent améliorer considérablement l’efficacité du traitement.
- une position assise, dos et tête bien droits, pour que ni le tuyau, ni la trachée ne fassent des courbes inutiles qui vont bloquer l’avancée de l’aérosol
- la respiration doit être régulière idéalement exclusivement par la bouche
- la respiration doit être calme, sans inspiration brusque ni trop rapide, ce qui favoriserait une déposition des médicaments dans les grosses bronches, et non dans les petites comme cela est souhaitable
- la respiration doit être ample, un peu au-dessus d’une respiration normale, mais sans faire d’inspirations ou d’expirations maximales, car cela pourrait conduire à un essoufflement.
Les différents nébuliseurs
Les nébuliseurs électroniques à tamis vibrants
Ces appareils fonctionnent par vibrations d’un tamis au contact du liquide à nébuliser. Ce petit tamis bombé de 1 à 2 cm de diamètre percé de milliers de microtrous (diamètre de 2 à 4 µm1) est entouré par un élément piézoélectrique circulaire.
Quand le courant électrique est appliqué, l’élément circulaire se dilate et se contracte entraînant des mouvements ultra-rapides du tamis (100 kHz) d’avant en arrière de quelques µm sur le liquide créant ainsi “un effet micropompe” qui projette la solution médicamenteuse à travers les trous produisant ainsi un aérosol calibré.
Deux appareils son disponibles aujourd’hui sur le marché : l’eFlow rapid® et l’atomisor pocket®.
Avantages : ces appareils sont rapides, légers, silencieux, autonomes mais nécessitent un entretien rigoureux et une inhalation contrôlée.
Les nébuliseurs pneumatiques
La source de pression à domicile est un compresseur d’air, et le nébuliseur proprement dit comporte :
- une cuve dans laquelle on verse le liquide à nébuliser
- un gicleur
- un déflecteur sur lequel viennent se briser les fins filaments liquidiens émis à grande vitesse par le gicleur
- un dispositif permettant l'inspiration et l'injection du liquide au niveau du gicleur (Venturi)
Les nébuliseurs ultrasoniques
Ils ne sont pratiquement plus utilisés dans la mucoviscidose car leur décontamination est difficile et ils ne sont pas adaptés à la plupart des médicaments (Pulmozyme®, TOBI®)
Où se procurer le matériel ?
Les systèmes de nébulisation sont proposés à la location par l’intermédiaire d’un prestataire de services ou par un pharmacien d’officine. La prestation doit comporter :
- la mise à disposition du matériel, et du consommable jetable (nébuliseurs avec embout buccal ou masques et tubulures).
- l’éducation du patient : explications et conseils sur la mise en oeuvre du traitement, comprenant notamment des consignes visant le renforcement de l’hygiène et de la sécurité.
- la maintenance du matériel (visite bisannuelle pour contrôler le bon niveau de performance de l’appareil : contrôle des pressions et du temps de nébulisation, remplacement des filtres)
- un service d’astreinte, pour remplacer le matériel en cas de panne
- la livraison (optionnelle).
Hygiène lors des séances de nébulisation
Le nébuliseur doit être nettoyé après chaque utilisation et désinfecté une fois par jour. Si deux médicaments sont nébulisés à la suite, le nébuliseur doit être nettoyé et rincé entre les 2 nébulisations.
Le nettoyage
Après avoir démonté le nébuliseur, nettoyer activement chacune des pièces à l’eau chaude du robinet et au savon liquide vaisselle, puis les rincer soigneusement à l’eau du robinet.
La désinfection
Plusieurs méthodes de désinfection sont possibles.
Les méthodes chimiques :
- Javel : Pour préparer une solution de désinfection à base de Javel, partir d’une solution d’eau de javel à 2,6 % de chlore actif, en prendre 2 cuillères à soupe (30 ml) à diluer dans 1 litre d’eau froide du robinet. Immerger les pièces du nébuliseur pendant 10 minutes.
- Bactyneb®, Aniosyme® : (par exemple) selon la notice du fabricant.
Changer tous les jours le liquide de désinfection dans lequel ont baigné les pièces
des nébuliseurs.
Dans les deux cas, le rinçage est réalisé à l’eau du robinet.
Les méthodes thermiques :
Ebullition pendant 5 minutes ou désinfecteur thermique (NUK®).
Pour les tamis vibrants (eFlow®), seuls l’ébullition avec de l’eau du robinet ou le désinfecteur thermique et l’emploi de désinfectants (Bactyneb®, Aniosyme®) sont conseillés ; l’eau de javel faisant rouiller la membrane.
Le séchage
Le séchage s’effectue avec un essuie-tout à usage unique non pelucheux de type Sopalin® ou à l’air libre. Le matériel est protégé dans un linge propre autre que celui utilisé pour le séchage et rangé dans un endroit propre et sec.
Plus de 75% des patients reçoivent des médicaments nébulisés
Les médicaments les plus utilisés en nébulisation dans la mucoviscidose sont les fluidifiants : la rhDNase et le sérum salé hypertonique, les antibiotiques (tobramycine et colistine) et les médicaments de l’asthme. D’autres molécules sont attendues prochainement.